Le Beaujolais nouveau est arrivé !

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Ce jeudi 21 novembre le Beaujolais Nouveau , cuvée 2019, est arrivé. L’occasion de célébrer le nouveau vin, fraîchement récolté. Après un ralentissement, le Beaujolais connaît une résurgence, même si on peut estimer que la forme change quelque peu.

Un vin vraiment différent

Le Beaujolais Nouveau est différent de presque tous les autres vins français. Contrairement aux autres vins français, il se boit immédiatement après la récolte (les barriques sont roulées dans les rues jusqu’aux magasins), il jouit d’une bonne réputation (en raison de son prix abordable) et ne se prend pas trop au sérieux (il est vendu au grand public).

Il est généralement servi frais (pour faire ressortir les saveurs fraîches) et est souvent vendu avec des emballages pétants. Au cours des années 1970 et 1980 il a réussi à acquérir en Europe une certaine réputation. Pendant longtemps il a été célébré autant à Londres ou Berlin qu’à Lyon. Cela dit nombre de connaisseurs le considère  comme imbuvable. Remarque légitime ou pas ? On estime que ce sont des concurrents de l’industrie du vin qui lancerait ce type de rumeur.

Le Beaujolais fait prospérer l’économie locale

Contrairement aux maisons de Champagne ou aux producteurs de Bourgogne et de Bordeaux, le Beaujolais – produit dans la région du Beaujolais, à 54 kilomètres au nord de Lyon – est cultivé et récolté par environ 400 petits agriculteurs, travaillant souvent en coopératives.

Et c’est une histoire à succès : à son apogée dans les années 1980, les magasins anglais par exemple vendaient 760 000 bouteilles par an et le vin de cette petite région, qui ne s’étendait que sur 55 km2, était connu partout dans le monde. Déjà à l’époque c’était plus de 35 millions de bouteilles qui étaient écoulées.

Le Beaujolais Nouveau est aujourd’hui exporté dans plus de 110 pays, notamment au Japon, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Des versions locales tente de le concurrencer

L’histoire du succès du Beaujolais a encouragé les viticulteurs du monde entier à produire leurs propres versions.

Pendant de nombreuses années, le Beaujolais a été de plus en plus commercialisé aux États-Unis comme un excellent accompagnement de la dinde pour Thanksgiving. D’une année sur l’autre, avec l’augmentation des ventes, de nombreux producteurs de vin américains commencent à produire leur propre version du Beaujolais.

L’incertitude politique a également entravé les exportations du Beaujolais ; le président Donald Trump a imposé un droit d’importation de 25% sur les vins français le mois dernier et le Brexit est une source d’inquiétude car personne ne sait à quoi pourraient ressembler les futurs partenariats commerciaux avec la Grande-Bretagne.

Le New York Times a rapporté que l’évolution des goûts est aussi une raison de la baisse des ventes du Beaujolais depuis son apogée. Il y a douze ans, les vignerons français vendaient une bouteille de Beaujolais Nouveau pour 12 habitants au Japon, soit 12 millions de bouteilles par an. Aujourd’hui, ce chiffre est la moitié de ce qu’il était, bien que les Japonais aient toujours une passion pour le Beaujolais comme aucun autre pays.

Le Beaujolais tire vers le haut de gamme

Pour contrer la baisse des ventes, le Beaujolais a connu un certain renouveau. De nombreux producteurs ont commencé à pratiquer l’agriculture biologique et se concentrent sur la reconstruction de la réputation du Beaujolais en France, plutôt que de se concentrer sur les marchés étrangers.

Les Chasselays sont l’une de ces familles qui vendent 22 500 bouteilles de Beaujolais cette année mais n’en exportent que 6 000. Nombre d’entre eux, depuis 2017, privilégient la qualité à la quantité et ont vu leur réputation s’améliorer, de même que le prix de la bouteille individuelle.

Alors, cette année, le beaujolais Nouveau a plutôt un goût de banane ? De cerise ? En tous cas, à Lyon, comme à Villefranche, on s’apprête à le fêter dignement.